Dans le secteur de la restauration, créer un concept capable d’attirer une clientèle est une première étape. Le faire évoluer au fil des années, ouvrir de nouvelles adresses et répondre aux changements des habitudes de consommation sans perdre l’identité initiale représente un défi bien différent.
À Lyon, le parcours de Thierry Di Litta et le développement de Barabaar permettent d’illustrer cette problématique.
Avec son épouse Christine Di Litta et progressivement leurs enfants, l’entrepreneur lyonnais a développé un univers dans lequel restauration, bière, musique et convivialité se rencontrent.
Derrière l’ambiance des établissements apparaît ainsi une véritable réflexion entrepreneuriale : comment transformer un lieu en concept, puis un concept en marque identifiable tout en conservant son ancrage local ?
Une expérience de la restauration construite à Lyon
L’histoire entrepreneuriale de Thierry Di Litta dans la restauration lyonnaise ne commence pas avec Barabaar.
Avec Christine Di Litta, il a auparavant participé au développement de plusieurs établissements et concepts dans l’agglomération lyonnaise.
Cette expérience leur permet progressivement d’observer les transformations du secteur.
Les attentes des consommateurs évoluent. Le restaurant ou le bar n’est plus nécessairement choisi uniquement pour sa carte. L’ambiance, l’expérience proposée, la localisation et la capacité du lieu à devenir un point de rendez-vous comptent également.
C’est dans ce contexte que Thierry et Christine Di Litta font évoluer leur approche pour développer un nouveau concept dans le quartier des Brotteaux.
Barabaar : faire du bar un véritable lieu de vie
Le concept Barabaar repose sur une association volontairement simple : beer, food and rhythm.
L’objectif dépasse ainsi la consommation d’une bière ou d’un repas. Le lieu doit pouvoir accompagner différents moments et différentes occasions : déjeuner, afterwork, rencontre entre amis, soirée ou événement.
Cette polyvalence participe à l’identité de Barabaar.
Le développement du concept s’inscrit également dans un changement plus général des habitudes urbaines. Les clients recherchent des établissements dans lesquels il est possible de rester, d’échanger et de revenir régulièrement.
Créer cette fidélité nécessite davantage qu’une décoration reconnaissable. Elle repose sur une atmosphère, une programmation et une manière d’accueillir différents publics.
Les Brotteaux, un emplacement qui participe à l’identité
Le choix du quartier joue également un rôle important.
Les Brotteaux constituent l’un des secteurs emblématiques de la vie lyonnaise, avec une concentration importante de restaurants, bars et établissements nocturnes.
Installer Barabaar dans cet environnement permet au concept de s’inscrire dans une vie de quartier particulièrement dynamique.
Mais cette implantation implique également de parvenir à se différencier.
La sélection de bières, la restauration et les animations permettent progressivement au lieu de développer sa propre identité.
L’histoire de l’établissement est ainsi indissociable de son environnement lyonnais.
Développer Barabaar sans simplement reproduire un modèle
Le développement de nouvelles adresses pose une question classique pour les entrepreneurs de la restauration : faut-il reproduire exactement ce qui fonctionne déjà ?
Le développement de Barabaar dans différents quartiers lyonnais montre qu’un concept peut conserver ses principaux codes tout en s’adaptant à son environnement.
Cette logique s’est notamment illustrée avec le développement de la marque à la Croix-Rousse, une étape de l’aventure familiale Di Litta également racontée par Lyon People dans son article consacré à Barabaar et à la famille Di Litta.
L’environnement, l’espace disponible et les habitudes du quartier peuvent donner à chaque adresse une personnalité particulière, tandis que la marque constitue le fil conducteur.
Il ne s’agit donc pas nécessairement de créer des établissements parfaitement identiques, mais de conserver suffisamment de repères communs pour que l’univers Barabaar reste reconnaissable.
L’ancrage local comme élément de différenciation
Dans un secteur où de nombreux concepts peuvent être reproduits rapidement d’une ville à l’autre, l’ancrage local peut devenir une véritable force.
Barabaar reste étroitement associé à Lyon.
Les établissements s’insèrent dans des quartiers possédant chacun une identité forte et participent à leur animation.
Cette dimension permet également de créer une relation différente avec la clientèle.
Un établissement fréquenté régulièrement par les habitants d’un quartier peut progressivement devenir un point de rendez-vous plutôt qu’un simple lieu de consommation.
Cette proximité contribue à construire une marque locale identifiable.
Une aventure entrepreneuriale devenue familiale
L’une des particularités de Barabaar réside également dans sa dimension familiale.
Christine Di Litta participe au développement de l’aventure aux côtés de Thierry Di Litta, tandis que la nouvelle génération s’est progressivement impliquée dans les activités développées autour des établissements.
Cette organisation permet de transmettre une connaissance du métier acquise sur le terrain tout en faisant entrer de nouvelles idées dans l’entreprise.
Dans une entreprise familiale, cette transmission représente néanmoins un véritable enjeu de management.
Il faut parvenir à conserver l’expérience accumulée par une génération tout en laissant suffisamment d’espace à la suivante pour proposer de nouvelles approches.
Créer une marque autour d’une culture entrepreneuriale
Le développement d’un groupe de restauration ne signifie pas nécessairement reproduire une seule formule.
Plusieurs expériences peuvent coexister autour d’une même culture entrepreneuriale.
Dans le cas de Barabaar, la convivialité constitue l’un des éléments centraux du positionnement. Le bar et le restaurant deviennent également des espaces de rencontre, d’événement et de divertissement.
Cette logique permet de répondre à plusieurs moments de consommation et à différents publics.
Pour un entrepreneur de la restauration, cette stratégie présente un intérêt particulier : plutôt que d’imposer un format rigide à toutes les situations, une identité commune peut être adaptée aux caractéristiques de chaque établissement.
L’événementiel pour renouveler l’expérience client
Dans un établissement de restauration ou un bar, la fidélisation constitue un défi permanent.
Une carte peut attirer une première fois. Mais donner envie aux clients de revenir nécessite souvent de renouveler régulièrement l’expérience.
Les animations et événements jouent ici un rôle important.
Soirées thématiques, retransmissions sportives, rencontres autour de la bière ou événements saisonniers permettent de créer de nouvelles occasions de fréquentation.
L’établissement devient alors un espace dont la programmation évolue au fil de l’année.
Cette dimension événementielle participe directement au positionnement de Barabaar comme lieu de vie.
Entre identité forte et capacité d’évolution
Le secteur de la restauration lyonnaise est particulièrement concurrentiel.
Les tendances évoluent rapidement et certains concepts qui rencontrent un succès immédiat peuvent perdre leur attractivité quelques années plus tard.
La pérennité dépend donc de la capacité à évoluer sans modifier en permanence ce qui fait l’identité d’un établissement.
Dans le cas de Barabaar, certains fondamentaux restent facilement identifiables : la convivialité, la bière, la restauration, la musique et l’importance accordée aux moments partagés.
Les formats et les lieux peuvent ensuite évoluer autour de ces éléments.
Cette distinction entre identité et format constitue l’une des clés permettant à une marque de restauration de grandir sans devenir méconnaissable.
Thierry Di Litta et Barabaar, une histoire entrepreneuriale lyonnaise
Le parcours de Thierry Di Litta illustre finalement une conception de l’entrepreneuriat dans laquelle l’expérience du terrain occupe une place centrale.
À travers le développement de Barabaar, l’aventure de la famille Di Litta s’inscrit dans le paysage de la restauration et des lieux de convivialité lyonnais.
Cette histoire montre également qu’en restauration, la croissance ne repose pas uniquement sur la multiplication des établissements.
Elle dépend de la capacité à préserver ce qui donne envie aux clients de revenir : une identité claire, une expérience reconnaissable et un véritable lien avec le lieu dans lequel chaque établissement s’inscrit.