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Raphaël Glucksmann est un homme engagé. Que ce soit par ses écrits, ses chroniques, ses engagements politiques ou ses actions, il n’a de cesse de lutter pour ses convictions et pour les opprimés, à l’image du peuple Ouïghour. Revenons dans ce dossier sur ses débuts ainsi que les temps forts de sa carrière et ses nombreux combats.

Une enfance qui dessine les prémices de l’engagement de Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann, né le 15 octobre 1979 à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine, a des parents qui laissent prédestiner son fort engagement. En effet, son père, André Glucksmann, est un philosophe et un militant maoïste reconverti dans le libéralisme atlantiste, tandis que sa mère, Françoise Villette, est la fille Jeannette Colombel, la cofondatrice de l’Union des femmes françaises. Autant dire que la famille ne manque pas d’afficher ses convictions et de s’engager !
Rien d’étonnant alors à ce que Raphaël Glucksmann intègre l’Institut d’études politiques de Paris, période au cours de laquelle il va suivre un stage au journal « Le Soir d’Algérie ». Il va également cofonder l’association Études sans frontières (ESF).
Le chemin de l’étudiant commence alors à se dessiner, notamment lors de la publication de son article dans la revue « La Règle du jeu », intitulé « Le triomphe éternel des génocidaires » qui intervient dans le cadre de la commémoration des 10 ans du génocide rwandais.

Le parcours professionnel de Raphaël Glucksmann

Raphaël Glucksmann n’a eu de cesse au cours de sa carrière de lutter et de s’engager. Grâce à son expérience et son charisme, il est peu à peu parvenu à s’imposer dans le paysage journalistique mais aussi politique. Il est notamment devenu le conseiller « officieux » de Mikheil Saakachvili, président de la Géorgie, ainsi que le conseiller politique de l’ancien ministre de l’Économie géorgien Giorgi Arveladze.
Mais Raphaël Glucksmann souhaite également partager ses opinions avec sa plume acérée. Il a ainsi cogéré la société de publicité Noé Conseil et occupé le poste de directeur de rédaction du « Nouveau Magazine Littéraire ». Il a par ailleurs été chroniqueur sur France Info et France Inter dans « Questions Politiques ».
Conscient qu’il est primordial de faire bouger les choses, Raphaël Glucksmann décide de s’engager dans la politique. Il va notamment participer à la création de « Place publique » dont l’objectif est d’unifier la gauche avant les élections de 2019. Cette même année, il est élu député européen, avec 6,2 % des suffrages exprimés, et est désigné vice-président de la sous-commission des droits de l’homme du Parlement européen. L’année suivante, l’homme est élu président de la commission spéciale sur l’ingérence étrangère dans l’ensemble des processus démocratiques de l’Union européenne.

La compagne de Raphaël Glucksmann

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Raphaël Glucksmann rencontre en 2009 Eka Zgouladze, qui est vice-ministre de l’Intérieur de Géorgie de 2005 à 2012. Après avoir obtenu la nationalité ukrainienne, elle occupe le poste de vice-ministre de l’Intérieur de l’Ukraine entre 2014 et 2016. Le couple, qui s’est marié, a un enfant né en 2012.
En 2015, il fait la connaissance de la journaliste Léa Salamé au cours de l’émission de télévision « On n’est pas couché ». Ils se mettent en concubinage et accueille leur premier enfant en 2017.

Les Ouïghours : l’engagement de Raphaël Glucksmann

Pour rappel, les Ouïghours font partie des 55 minorités ethniques présentent en Chine, essentiellement dans la pointe du Xinjiang. Cette population est turcophone et majoritairement musulmane (sunnite).
Les Ouïghours sont actuellement persécutés et subissent une vive répression qui se traduit par un contrôle des déplacements et des naissances, des stérilisations forcées, des mariages de force entre les femmes Ouïghours et les hommes Hans… Ils sont également internés dans des camps de travail : selon plusieurs associations, ils seraient ainsi entre 1,5 et 3 millions à être détenus.
Si Pékin se défend d’atteindre aux droits de l’homme, parlant plus de « camps de rééducation » ou de « centres de formation » avec des actions pour lutter contre ce que le gouvernement qualifie de « radicalisation », l’horreur est pourtant la réalité vécue par les Ouïghours internés. Outre le travail forcé dans des conditions atroces, une enquête publiée par le magazine Vice a mis en lumière un trafic d’organes « halal » qui seraient prélevés sur des détenus Ouïghours avant d’être revenus au marché noir…
Le traitement des Ouïghours par le régime chinois semble s’inscrire dans une politique de suppression des identités considérées comme potentiellement rétives.
Face aux témoignages glaçants de plus en plus nombreux, Raphaël Glucksmann n’a pas tardé à prendre position et à intervenir afin de faire connaître la situation des Ouïghour au grand public. Il a ainsi participé à une campagne de sensibilisation sur les réseaux sociaux avec Dilnur Reyhan, présidente de l’Institut ouïghour d’Europe.
Pour dénoncer le génocide des Ouïghours, il a également prononcé un discours le 17 décembre 2020, « J’accuse », où il prend à partie la communauté internationale, l’accusant de «consentir par son silence et sa passivité» au «pire crime contre l’humanité du XXIe siècle». Il ajoute qu’il «accuse les dirigeants de nombreux pays musulmans, du Pakistan à l’Arabie saoudite, qui brandissent d’un côté leur foi en étendard et de l’autre soutiennent la politique chinoise de destruction des mosquées ».
Raphaël Glucksmann s’engage et se bat chaque jour pour que l’Europe réagisse face à ce crime contre l’humanité. Il mobilise l’opinion publique, notamment sur les réseaux sociaux en lançant une campagne avec le hashtag « #FreeUyghurs » et la publication d’une image bleue (la couleur du drapeau des Ouïghours, à une date symbolique, le 1er octobre qui est le jour de la fête nationale chinoise.
La Chine réagit et sanctionne le député européen pour son soutien aux Ouïghours, en l’interdisant d’entrer sur leur territoire et d’y faire des affaires.

Le combat de Raphaël Glucksmann contre les marques qui exploitent les Ouïghours

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En plus de lutter contre la persécution et l’extermination des Ouïghours en Chine, Raphaël Glucksmann prend position contre les marques qui fabriquent ou sous-traitent en Chine.
En effet, le rapport de l’Institut australien de stratégie politique (Aspi) a démontré l’existence de 27 usines employant des travailleurs ouïghours et constaté « un pipeline de travailleurs ouïghours relie directement les camps du Xinjiang aux usines à travers la Chine ». Le rapport épingle pas moins de 83 marques internationales qui traiteraient (directement ou indirectement) avec ces usines : Adidas, Fila, Nike, Uniqlo… La liste est longue.
Pour Raphaël Glucksmann, « la mondialisation nous rend complice de l’internement de masse des Ouïghours ». Il explique que « l’idée est de montrer que le public peut avoir une influence sur ces marques qui cultivent justement leur ‘branding‘, leurs noms, qui font des pubs humanistes qui expliquent qu’elles ont des valeurs, des principes et qui, dans le même temps, bénéficient via leurs fournisseurs de la réduction en esclavage d’un peuple. On a voulu montrer que le public pouvait avoir une influence sur la chaîne de production de ces multinationales qui fuient toute forme de responsabilité en se déchargeant sur leurs fournisseurs ou leurs filiales ».