Être victime d’une “doublette” de plaque d’immatriculation, c’est découvrir qu’un autre véhicule roule avec une plaque identique à la vôtre. L’arnaque permet au fraudeur de commettre des infractions en toute impunité : excès de vitesse, stationnement illégal ou tout autre délit, et ce sont les propriétaires légitimes qui reçoivent les amendes, à leur grande surprise. Ce phénomène devient véritablement le cauchemar des automobilistes ces dernières années. Décryptage avec Service Carte Grise !
Premiers réflexes en cas de doublette
Lorsque plusieurs avis de contravention arrivent pour des infractions que vous n’avez jamais commises, il faut agir rapidement. Le premier réflexe consiste à déposer une plainte contre X pour usurpation de plaque d’immatriculation auprès d’un commissariat ou d’une brigade de gendarmerie. Cette démarche déclenche l’enregistrement de votre immatriculation dans le fichier des véhicules volés (FVV), ce qui protège votre situation administrative.
Si l’infraction a été constatée par un radar automatique, pensez également à demander la photographie prise par cet appareil. Vous devrez la joindre à votre dépôt de plainte, afin de renforcer votre contestation.
Contester les contraventions reçues
Payer les amendes reçues équivaudrait à reconnaître que les infractions vous appartiennent. Il faut donc les contester dans les délais légaux : dans les 45 jours suivant la réception pour une amende forfaitaire, ou 30 jours s’il s’agit d’une amende majorée.
La contestation peut se faire en ligne via le site de l’ANTAI ou par courrier, en utilisant le formulaire de requête en exonération. À cela doit impérativement être joint le récépissé de dépôt de plainte, et idéalement la photographie radar si pertinente.
Changer votre immatriculation : la marche à suivre
Dès que votre plainte est enregistrée, vous pouvez demander une nouvelle carte grise, avec attribution d’un nouveau numéro d’immatriculation. Cette démarche est gratuite, hormis les frais d’acheminement (environ 2,76 €), à condition de présenter le récépissé de dépôt de plainte. Vous pouvez faire cette demande en ligne via le site de l’ANTS (https://immatriculation.ants.gouv.fr/).
Une fois votre nouvelle carte grise en main, il est impératif de faire poser des plaques d’immatriculation neuves et homologuées afin de vous prémunir de nouvelles doubles usurpations.
Prévention : tous concernés, professionnels inclus
Le phénomène de la doublette s’explique en partie par l’absence de contrôle à l’étape de fabrication des plaques. N’importe qui peut se présenter chez un professionnel avec uniquement un numéro d’immatriculation et repartir avec une plaque homologuée en quelques minutes.
Une proposition de loi, portée notamment par l’association 40 millions d’automobilistes, vise à obliger les professionnels à demander une carte grise et une pièce d’identité avant de réaliser des plaques. Cette mesure de bon sens pourrait fortement réduire ce type de fraude.
À retenir
Les propriétaires victimes d’une “doublette” ont intérêt à réagir rapidement : porter plainte, contester les amendes injustifiées et procéder au changement de la carte grise avec nouveau numéro. La prévention passe aussi par un encadrement plus strict des pratiques des fabricants de plaques d’immatriculation, qui reste aujourd’hui insuffisant. L’article de L’Indépendant du 23 août 2025 rappelle l’urgence de ces dossiers pour les automobilistes victimes.