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Éliane Deschamps, qui déclare entendre la Vierge chaque 15 du mois à 00H06, a été jugée le 23 novembre dernier après une vingtaine d’années de procédure pour abus de faiblesse dans le cadre de dérives sectaires. Un sujet sensible, comme le rappelle Maître Antoine Beraud. Selon l’accusation, elle a enfermé ses adeptes dans une « prison spirituelle » au nom de la Vierge Marie.

Vingt ans de procédure pour une femme gourou ayant instauré une « prison spirituelle »

Éliane Deschamps a été jugée à Dijon pour dérives sectaires. Les faits remontent à 2002 où « l’archevêque de Dijon avait interdit à la prévenue de faire du prosélytisme autour de ces apparitions, qu’il considérait comme farfelues », comme l’explique le procureur adjoint.
La prévenue avait constitué une communauté, nommée « Amour et miséricorde », assimilée selon l’accusation à un « abus de faiblesse parfaitement constitué » ainsi qu’à une « prison spirituelle ». En effet, Éliane Deschamps aurait appliqué auprès de ses adeptes une « soumission » dont « on ne peut pas s’extraire » et où elle « les menace d’exclusion, de bannissement et mène des procès quasi-staliniens où on accuse en public ». Pour le ministère public, « tout cela est une vaste supercherie », évoquant les messages reçus par la prévenue de la Sainte Vierge tous les 15 du mois à 00H06.

Des témoignages menant à une peine de sursis

Toutefois, au vu de l’état de santé d’Éliane Deschamps, âgée de 67 ans, le procureur adjoint a demandé du sursis, et non de l’emprisonnement ferme. C’est donc un an de prison avec sursis qui a été finalement requis ce mardi 23 novembre à l’encontre de la prévenue.
De nombreux membres de la communauté sont venus devant le tribunal pour témoigner de leur « liberté » mais aussi pour crier la « générosité » d’Éliane Deschamps. Certains d’entre eux ont été appelé à la barre, à l’image d’Anne-Marie Antiphon, 61 ans, qui affirme qu’il n’y avait « pas du tout » d’esclavage, ni « punitions », et que « les tâches étaient partagées ».
Pourtant, d’autres témoignages rapportés par le conseil font part de « claques » et d’autres sanctions comme devoir « recopier sans fin des écritures », ou « laver le linge de toute la communauté, à la main ». Un avocat des parties civiles ajoute un état de « conditionnement » au profit d’Éliane Deschamps qui déclare : « J’ai une position dominante ; je suis celle qui voit la Vierge ; je parle pour le Christ ; j’ai une légitimité énorme ».
Face aux témoignages de la partie civile et de ses adeptes, Éliane Deschamps est restée de marbre. Le jugement sera probablement mis en délibéré.