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C’est la question que se posent beaucoup de professionnels du design, celle de la prise de positions personnelles, et l’impact qu’elles peuvent avoir sur l’activité professionnelle. Autrement dit, prendre des positions « risquées », exprimer des opinions qui sortent du cadre du politiquement correct porte-t-il préjudice au designer lors de la recherche de nouveaux contrats ? Voici l’avis de MJM sur le sujet.

Prise de position = moins de clients ?

Tout laisse à penser que si. Certains designers rapportent que lorsqu’ils essaient de s’affirmer, de prendre position sur le plan politique de façon publique, s’en suit généralement une diminution de leur clientèle. Certains types de clients, pour être plus précis. Il y a donc un choix à faire entre la neutralité et la prise de position pour s’affirmer sur un plan personnel, s’épanouir si vous préférez. Il faut savoir que pour un designer, la prise de position a un prix : la décroissance. Celle-ci se traduit inéluctablement par une baisse d’activité et donc de revenu. Sur une note un peu plus positive, cela vous laisse tout le loisir de développer des projets personnels, d’être créatif, d’avancer dans vos idées…

Concilier valeurs personnelles et obligations professionnelles

Nous l’avons vu, un designer qui affirme publiquement ses positions personnelles s’expose automatiquement à une perte de clients potentiels. Il peut s’agir, par exemple, d’une prise de position pour une cause d’utilité publique, sociale ou environnementale, incompatible avec certaines propositions de projets. La prise de position peut également prendre des allures de militantisme, en créant, par exemple, des designs dénonçant les violences policières, la pollution causée par les grands groupes industriels, les actions violentes du gouvernement, la montée de l’extrême droite, l’importance des « whistle blowers » (lanceurs d’alerte), la violence symbolique d’Amazon, la surveillance systématique de Google… Evidemment, cela à l’encontre du politiquement correct si cher au monde des affaires. Un designer qui affiche publiquement ce type d’opinion et persona non grata dans de nombreux milieux. Ce dernier peut aller jusqu’à refuser de travailler pour des clients dont les actions ou l’activité vont à l’encontre des valeurs qu’il défend… un vrai casse-tête chinois !

Y-a-t-il du positif à « se griller professionnellement » ?

Pour beaucoup, afficher des positions jugées « radicales » ou politiquement incorrectes revient à se griller professionnellement. La raison étant qu’on court le risque de froisser certains clients potentiels qui n’ont pas les mêmes sensibilités, qui ne partagent pas les mêmes avis. Aussi surprenant que cela puisse paraître, il y a bel et bien du positif dans cette approche. Soulignons tout d’abord que cela part d’une volonté cohérente de la part du designer. La volonté de faire le tri en amont dans les structures avec lesquelles il souhaite collaborer, et de se sentir plus libre dans ses choix, ce qui amène un meilleur épanouissement et équilibre vie privée / vie professionnelle. D’un autre côté, cette démarche pousse le designer à redoubler d’effort, dans une quête perpétuelle d’affirmation et une volonté d’être jugé uniquement sur son travail, et non ses positions personnelles ou politiques.