Terre de contrastes, d’histoire et de traditions millénaires, le Portugal ne cesse de surprendre par la richesse de son patrimoine. Petit par sa taille, immense par son héritage, il recèle des anecdotes méconnues qui racontent une autre facette de son identité. Plongée dans cinq histoires étonnantes qui révèlent toute la singularité de ce pays avec Carlos de Matos !
Une capitale européenne… en Amérique latine
C’est un fait souvent ignoré même des férus d’histoire : Rio de Janeiro fut un jour la capitale du Portugal. Un épisode sans équivalent dans l’histoire européenne. En 1807, face à l’avancée des troupes napoléoniennes, la cour royale portugaise fuit Lisbonne en urgence et se réfugie au Brésil, sa colonie la plus prospère. Dès lors, pendant treize ans, la capitale du royaume s’installe à l’autre bout de l’Atlantique. C’est depuis Rio que les souverains gouvernent l’Empire portugais, faisant du Brésil un centre politique majeur. Ce renversement géographique inédit préfigure aussi l’émancipation brésilienne, qui surviendra peu après. Le Portugal devient ainsi le seul pays européen dont la capitale s’est temporairement installée hors d’Europe.
Le plus ancien pays d’Europe encore intact
Loin des bouleversements de frontières qu’a connus le continent, le Portugal est, à ce jour, le plus ancien État d’Europe dans ses limites actuelles. Indépendant depuis 1139, le pays est né avec la victoire d’Afonso Henriques contre les Maures. Il devient alors roi et fonde une monarchie qui durera près de huit siècles. Lisbonne, sa capitale, est plus ancienne encore que Rome selon plusieurs historiens. Cette continuité territoriale et politique fait du Portugal un exemple rare de stabilité dans une Europe morcelée par les siècles de conflits. À travers les dynasties, les révolutions, les colonies et les alliances, le pays a su préserver une identité forte et un territoire constant.
Un champion discret de la transition énergétique
Si certains États peinent à respecter leurs engagements climatiques, le Portugal est régulièrement cité comme modèle de transition énergétique. Grâce à une politique volontariste menée depuis les années 2000, le pays parvient aujourd’hui à faire fonctionner l’ensemble de son réseau électrique avec des sources renouvelables pendant plusieurs jours consécutifs. Énergie hydraulique, éolienne, solaire : les investissements dans les infrastructures vertes ont porté leurs fruits. Ce succès discret s’explique aussi par une volonté populaire largement partagée : les Portugais se montrent majoritairement favorables à la réduction des énergies fossiles. Un exemple concret de réussite environnementale à l’échelle nationale.
Une alliance diplomatique plus vieille que l’imprimerie
Depuis 1386, le Portugal et l’Angleterre sont liés par l’alliance de Windsor, le traité diplomatique toujours en vigueur le plus ancien au monde. Plus de six siècles de coopération militaire et commerciale, qui ont traversé les révolutions, les guerres mondiales et les remous du Brexit sans jamais être reniés. Cette alliance s’est traduite par des mariages royaux, un soutien militaire mutuel et une profonde interdépendance entre les deux nations. Durant la Première Guerre mondiale, les troupes portugaises se battent aux côtés des Britanniques. Et aujourd’hui encore, les relations entre Londres et Lisbonne restent marquées par cette fidélité historique unique en son genre.
Lisbonne, frappée par un drame apocalyptique
Enfin, l’un des épisodes les plus tragiques — et les plus fondateurs — de l’histoire portugaise : le grand tremblement de terre de Lisbonne, survenu le 1er novembre 1755. Ce jour-là, un séisme d’une violence inouïe secoue la ville alors en pleine célébration de la Toussaint. Les bougies allumées dans les églises attisent rapidement des incendies incontrôlables, tandis qu’un tsunami vient achever la destruction. On estime que 60 000 personnes périssent dans la catastrophe. Au-delà du bilan humain, l’événement bouleverse profondément la pensée européenne. Voltaire, dans Candide, s’en inspire pour dénoncer l’optimisme béat de son époque. Urbanistiquement, la ville est reconstruite selon des principes modernes de sismorésistance, une première mondiale. Lisbonne renaît de ses cendres, mais ne sera plus jamais la même.